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Edito
Clochers en péril : phénomène de société
Selon les dires, il y aurait en France entre  40 000 et 60 000 clochers répartis dans nos 36 861 communes recensées par l’INSEE.

Mais comment les situer et connaître leurs caractéristiques ?
  • C’est encore un "mystère" voire un "chemin de croix" pour accéder à la documentation livresque et sur internet.

Depuis 2001, lors du lancement de notre portail communal www.MonClocher.com j’ai eu l’envie de créer un site dédié à tous ces clochers si chers à nos communes au sens propre comme au figuré.
 
Durant l'été 2006, j'ai assisté, fortuitement, à la démolition de l'église de Saint Georges des Gardes (49) en passant devant le chantier.
 
Ayant photographié deux ans plus tôt ce magnifique bâtiment, j'ai ressenti une petite crampe au ventre en voyant cette église lutter en vain contre les pelleteuses …
 
Elle tenait debout pourtant , face aux moyens mécaniques mis en œuvre !
Les voisins et rares spectateurs (nous étions le 15 Août 2006) assistaient comme figés par ce spectacle surréaliste.
 
Je suis donc revenu chaque jour pour faire des photos de cette destruction.
 
Etant né après guerre, j’ai néanmoins eu l’impression d’assister à une scène de bombardement lorsque la nef s’écroula dans un nuage de poussière.

Aujourd’hui, cet exemple n’est pas isolé car dans le même secteur du Maine et Loire et Vendée, les églises de GESTE, VALANJOU, SAINT HILAIRE DE MORTAGNE, SAINT AUBIN DU PAVOIL, DRAIN doivent subir le même sort...
 
Et, grâce aux médias, qui en ont révélé l’ampleur, c’est le monde entier qui est consterné par ce phénomène. 
Je tiens à remercier Sophie de Ravinel qui a été la première à révéler ce scandale des églises détruites et mon site web, dans la rubrique société du FIGARO le 18 mail 2007.
De nombreux médias ont repris ensuite le flambeau, merci aussi à tous.
 
En France, les budgets de rénovation étant à la charge des mairies depuis 1905, la tentation est grande de faire une croix sur le patrimoine architectural afin de construire un oratoire moderne, aseptisé et de petite dimension, pour les rares pratiquants du culte qui retrouvent ainsi une ferveur perdue dans l’immensité froide de l’ancienne église.
 
Cette séparation de l’église et de l’état en 1905 aboutit aujourd’hui à une seconde séparation : patrimoine et lieu de culte.
 
C’est pour cette raison que les pratiquants du culte trouvent plutôt bien sympathique leur nouvelle église, fonctionnelle, claire et bien chauffée, même si le CO2 dégagé pour le béton et l’aluminium de construction est déjà l’enjeu des 20 prochaines années.
 
Les défenseurs du patrimoine deviennent ainsi suspects car sans solution.
 
Le patrimoine coûte cher, alors que lieu de culte peut s’exercer n’importe où, même dans un bâtiment de type salle des fêtes avec une croix sur le faîtage.
 
Alors que faut-il faire ?
 
Face à l’isolement des Maires à trop petits budgets pour ces grandes églises, ils sont plus victimes que coupables de la « déconstruction » comme ils aiment à communiquer.
Pourtant, la destruction par bulldozers d'une église du XIXème coûte environ 100 000€.
Ce budget est facilement trouvé par les maires, et ce, sans subventions, avec les impôts locaux et dans la plus grande indifférence...
 
Il faut donc informer le plus grand nombre sur ces projets de « démolition » de notre patrimoine religieux  et peut être ôter le mot « religieux » pour ne contenir que « Patrimoine »  afin que tout le monde se sente concerné.
 
L'isolement des petites communes a pourtant été réglé par la création des communautés de communes en 2002 afin de mutualiser les budgets et les services aux administrés.
Si les ordures, les théatres, les piscines, les stations d'épuration, les bulletins en quadrichromies de communication des élus sont financés désormais par la communauté de communes, les églises sont oubliées.
 
Le financement des travaux c’est aussi l’affaire de tous, et la solution alternative à chaque église existe, le site www.40000clochers.com offre à nos yeux de nombreuses églises dans un meilleur état de conservation que la mairie elle-même.
 
 
Ces églises sont les témoins de notre passé architectural et, depuis toujours, seules les guerres détruisaient nos églises, alors serions-nous en guerre ?
 
 



Alain GUINBERTEAU.

Afin d'être plus qu'un simple défenseur virtuel, de notre patrimoine, je vous engage, comme moi, à rejoindre le club "Mécènes d'aujourd'hui" pour des actions concrètes de restauration.

Ces édifices ou objets patrimoniaux, ne peuvent pas se maintenir sans nos dons.